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Témoignages

 

Ne prenez pas de bonbons d'un étranger - Est-ce vraiment de l'ecstasy?

Quand vous étiez jeunes, vos parents examinaient probablement le contenu de votre sac d'Halloween pour repérer toute friandise suspecte. On vous a répété des centaines de fois : « Ne prenez pas de nourriture ni de bonbons d'un étranger. » Un bonbon... c'est sucré, joli, inoffensif. Je me souviens des bonbons Sweet-Heart. Il y en avait de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, et certains avaient même des motifs, comme des coeurs, des piques et « Cool ». Eh bien, l'autre jour, j'en ai trouvé un qui portait l'empreinte d'un dauphin. Ce n'était pas un bonbon. Ce n'était pas inoffensif. C'était un cachet d'ecstasy, ou E, ou encore XTC.

C'est illégal parce que cela contient du MDMA, ou 3,4-méthylènedioxyméthamphétamine. C'est dangereux non seulement parce que cela contient habituellement du MDMA, mais aussi parce qu'il s'agit bien souvent d'une autre substance. Ce cachet contenait du MDMA, de la méthamphétamine (meth), de la pseudoéphédrine (médicament contre la toux) et de la kétamine. Il avait été fabriqué dans le sous-sol crasseux d'un étranger.

Je suis chimiste légiste. J'aide la police à mener ses enquêtes en visitant des laboratoires clandestins où l'on fabrique des drogues illégales. Ces laboratoires sont dangereux. Ils sont remplis de solvants et de solides inflammables, de produits chimiques toxiques ou corrosifs et de grandes quantités de déchets non identifiés. Ils sont contaminés par des produits chimiques et souvent pleins d'excréments humains et animaux.

C'est dans ce genre d'environnement que l'on fabrique des produits chimiques comme le MDMA et la méthamphétamine. On manipule, on mélange et on fait cuire diverses substances et, si tout va bien, on obtient une matière blanchâtre. Si la personne qui la vend était honnête, cette matière serait composée surtout de MDMA ou de méthamphétamine, selon le produit qu'on voulait obtenir au départ. Mais qui sait? Dans les laboratoires clandestins, les cachets sont également pressés. On trouve souvent des bacs et des sacs pleins de poudres blanchâtres, de poudres de couleur et de comprimés de couleur non identifiés. Il y a toutes sortes de poinçons (Mitsubishi, visage souriant, dauphin...). Les couches de poussière indiquent que les presses étaient en marche. Même si j'ai vu les bacs de produits chimiques et de déchets et marché dans les excréments, je suis étonnée de voir que la personne a utilisé de la peinture à tempéra pour colorer ses cachets. Je suis tellement naïve.

Ces cachets d'« ecstasy » sont dangereux! Vous ne savez ni qui les a fabriqués, ni comment ils ont été fabriqués, ni ce qu'ils contiennent. Ce ne sont pas des substances naturelles, mais des composés synthétiques fabriqués dans des endroits insalubres, dégoûtants et contaminés par des produits chimiques. Leurs ingrédients et la qualité de ceux-ci sont inconnus. Ces cachets n'ont pas été fabriqués sous l'œil vigilant d'une entreprise pharmaceutique assujettie à la loi. Ils l'ont été par un étranger... un criminel.

Spécialiste de laboratoire
Laboratoire des Service d'analyse des drogues (SAD)
Santé Canada