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Allocution de le Premier ministre Stephen Harper

Le 4 octobre 2007
Winnpeg (Manitoba)

Bon après-midi Mesdames et Messieurs.

Et merci à l’Armée du Salut de nous accueillir aujourd’hui en ce lieu où vous accomplissez un travail si formidable.

Merci également au Drug Prevention Network, au Centre canadien de lutte contre les toxicomanies et à toutes ces organisations et tous ces gens qui ont pris part aujourd’hui à cette activité et aux discussions.

Le travail que vous accomplissez incarne bien en nos temps modernes l’esprit du bon samaritain.

Je suis ravi de voir dans l’assistance des représentants de presque tous les groupes de la communauté qui sont venus assister à l’importante annonce que nous allons faire aujourd’hui, car nous sommes tous concernés par la lutte contre les drogues – les parents, les jeunes, les groupes communautaires et la police.

Et nous faisons tous partie de la solution.

Au Canada, les gouvernements ont transmis des messages confus sur les drogues, prônant tantôt la prohibition, tantôt la libéralisation, si bien que les Canadiens ne savent plus trop bien ce que la loi dit.

Nous devons envoyer des messages clairs afin que les Canadiens qui consomment puissent se prendre en main.

Car les drogues détruisent des vies.

Elles privent les jeunes de leur avenir.

Elles détruisent les familles, rendent nos rues dangereuses et dévastent nos collectivités.

Étant moi-même père, je suis profondément troublé par les statistiques sur l’abus des drogues au Canada.

La consommation augmente chez les jeunes et les adolescents.

De plus en plus de jeunes sont accusés de crimes liés à la drogue.

Et les conséquences de la consommation accrue se font sentir dans toute la société.

Par exemple, notre système de santé dépense plus de 1,2 milliard de dollars par année pour traiter les toxicomanes.

Et les drogues illégales sont directement associées à la mort de milliers de Canadiens.

De plus, l’augmentation de la consommation alimente le crime.

La GRC signale ces cinq dernières années une augmentation radicale des crimes contre les biens, des vols d’identité, de la corruption et des meurtres liés aux drogues.

La production et la vente illégales est un marché extrêmement lucratif.

Un marché qu’exploite sans scrupule de puissantes organisations criminelles.

Ces organisations assouvissent leur cupidité en exploitant la dépendance d’autrui.

Elles s’infiltrent dans nos quartiers et transforment nos banlieues en centres de production de marijuana et de méthamphétamine en cristaux.

Et elles utilisent leurs profits – évalués à des dizaines de milliards de dollars par année au Canada – pour financer toute une gamme d’autres activités criminelles.

Bien entendu, nous voulons mettre un terme au crime organisé.

Et de nouvelles lois antidrogues sévères doivent faire partie de la solution.

Interdire n’est toutefois pas suffisant.

Notre gouvernement sait qu’il faut trouver de nouvelles façons d’empêcher les gens de devenir esclaves de la drogue.

Nous devons aussi trouver de nouvelles façons de les aider à s’en sortir lorsqu’ils sont devenus dépendants.

Et c’est justement là l’objectif de la nouvelle stratégie antidrogue dont je viens faire l’annonce aujourd’hui.

Elle contient un message clair : les drogues sont dangereuses et destructrices.

Si vous vous droguez – vous pouvez vous faire aider.

Et si vous vendez ou produisez de la drogue – vous irez en prison.

Notre approche comporte deux volets : la répression à l’encontre des revendeurs et des producteurs et la compassion à l’égard de leurs victimes.

En fait, les deux tiers du nouveau financement de la stratégie seront consacrés à la prévention et au traitement.

Parmi les nouvelles initiatives s’inscrivant dans cette stratégie à deux volets, mentionnons :

  • une nouvelle campagne nationale de sensibilisation destinée aux jeunes et à leurs parents, qui décourage nettement la consommation.
  • un nouveau financement servant à moderniser les services de traitement actuels.
  • l’instauration d’autres possibilités de traitement et l’amélioration de l’accès et de leur efficacité.
  • l’octroi aux provinces et aux territoires d’une somme additionnelle visant à étendre les programmes de traitement aux jeunes dépendants.
  • une aide financière pour la création d’un programme national d’intervention auprès des jeunes donnant aux forces policières les outils nécessaires pour pouvoir – au lieu de les incarcérer – les placer plus rapidement dans des programmes d’évaluation et de traitement.

Mais au-delà de ces mesures de prévention et de traitement, nous devons nous montrer ferme à l’égard des producteurs et des revendeurs.

C’est pourquoi la stratégie nationale antidrogue prévoit des fonds supplémentaires pour mener des enquêtes et intenter des poursuites judicaires liées à des crimes connexes.

Dont des ressources destinées à repérer et à fermer des sites réservés à la culture et à la fabrication de drogue.

Nous hausserons aussi le budget de l’Agence des services frontaliers du Canada pour lui permettre de prendre des mesures de coercition et d’empêcher l’entrée de la drogue.

Et nous lançons le Programme des produits de la criminalité de la GRC, qui permet de saisir de l’argent ou des biens provenant d’activités criminelles comme la vente de drogue illicite.

Dernière mesure et non la moindre, notre gouvernement va adopter une nouvelle législation sévère à l’encontre des producteurs et des revendeurs.

Voilà pourquoi nous allons présenter cet automne une nouvelle législation prévoyant des peines de prison obligatoires pour les gens reconnus coupables de crime grave lié aux drogues.

À l’heure actuelle, il n’y a pas de peine d’emprisonnement minimum imposée aux producteurs et aux trafiquants de drogues dangereuses comme la méthamphétamine et la cocaïne.

Mais il s’agit tout de même de crimes graves. Les personnes qui les commettent devraient purger une peine sévère.

Nous déposerons donc un nouveau projet de loi cet automne dans lequel nous proposerons qu’une peine d’emprisonnement minimum soit imposée aux criminels reconnus coupables d’infractions graves liées à la drogue.

Stockwell Day et Tony Clement vous donneront plus de détail dans un moment sur les répercussions de notre nouvelle stratégie sur les Canadiens, mais je tiens d’abord à dire que je suis très fier du travail que mes collègues du Cabinet ont accompli dans ce dossier.

Ils ont fait preuve d’une grande compassion à l’égard des victimes de toxicomanie et d’une incroyable détermination à arrêter et punir ceux qui les exploitent.

Grâce aux efforts de mes collègues, et grâce à la contribution et au soutien de milliers de Canadiens concernés comme les gens réunis ici aujourd'hui, le Canada aura une Stratégie nationale antidrogue ciblée et efficace.

Une approche empreinte de sévérité à l’égard du crime et de compassion à l’égard des victimes. Nous n’allons certainement pas abandonner la partie lorsque la santé et la sécurité de nos communautés sont en jeu.

Nous avons une approche à deux volets. Si vous êtes dépendants aux drogues, nous allons vous aider, mais si vous les vendez, nous allons vous punir.

Régler le problème exigera d’immenses ressources.

Nous n’y parviendrons pas du jour au lendemain.

Mais nous mettrons notre pays sur la bonne voie.

Merci beaucoup.